[Carnet de balade] Premières neiges aux Évettes

1
juin 2020

Nous sommes à la mi-septembre et hier il faisait grand soleil au col de l’Iseran. Ce matin, je me réveille dans ma Clio, l’esprit aussi embué que les vitres. Un truc cloche. Ah oui, ce doit être parce que la voiture est recouverte de neige.

J’émerge enfin. J’ai passé la nuit dans le hameau de l’Écot, près de Bonneval-sur-Arc. La neige continue de tomber, se transformant progressivement en une pluie qui déblaie peu à peu les fenêtres de la voiture. Une lueur attire mon regard. Et même plusieurs, descendant du refuge des Évettes où je compte me rendre aujourd’hui. Mais pour le moment je suis mieux sous la couette. Il est encore tôt, 7h du matin peut être.

Une petite demi-heure plus tard, un groupe de militaires arrive à son fourgon garé à côté de moi. Je me force à me lever et découvre enfin le paysage autour de moi : le sommet des montagnes est saupoudré de blanc. Je me décide en un instant, je prends la voiture pour remonter au col de l’Iseran, la vue là-haut doit être superbe. 

Dégradé naturel
Le ruisseau de la Lenta
Panoramique de la frontière entre l’automne et l’hiver.

Sur la route je suis stoppé par un employé municipal en 4×4 qui me demande de patienter : la déneigeuse est en train de dégager la route du col. On discute un peu, il voit mon appareil photo à côté de moi et m’indique qu’un troupeau de chamois se trouve un peu plus haut dans la montagne.

La déneigeuse arrive enfin et je monte en direction du col. Je m’arrête au pont de la Neige, qui, ce jour-là, porte bien son nom ! Je mitraille : peu importe où le regard se porte, c’est grandiose. Les montagnes sont habillées d’un dégradé du blanc au marron, leurs sommets se fondent dans le ciel clair. Je tourne la tête et j’aperçois le troupeau de chamois indiqué par l’employé. Ils doivent être une dizaine, je suis trop loin pour les dénombrer précisément. Ceux qui ne bougent pas se confondent avec les rochers.

Le pont de la Neige
J’en ai compté 9 : découvrez l’image en plus grande ici et dites moi combien vous en trouvez !

De l’Écot aux Évettes.

Je reste un long moment à regarder le paysage. Puis je reprends la route vers le hameau de l’Ecot pour débuter ma randonnée de la journée. Le refuge se trouve à 2500 mètres, le départ à 2000. Environ. Et je peux vous dire que la grimpette est raide… Je prends le même chemin que les militaires et je peste, je crache mes poumons. Il pleut au début, ça se calme au moment où je croise un groupe de vaches en pâturage, puis reprend de plus belle en arrivant au plateau. Heureusement, devenue crachin la pluie n’entrave pas une nouvelle session photos.

Comme une peinture

Je m’arrête néanmoins un instant au refuge où le gardien, en plein ménage après le passage des militaires sûrement, m’informe que le chemin pour redescendre par la gorge de la Reculaz est trop dangereux par ce temps. Dommage, il paraît que la cascade y est jolie. Une prochaine fois. 

Je reprends ma route, traverse un vieux pont en pierre et m’avance dans le cirque des Évettes.Une nouvelle atmosphère s’étale devant mes yeux : on dirait une autre planète où l’on ne trouverait que de la caillasse et de l’eau. La tête surplombée par les nuages gris/blanc et immergé dans les tons monochromes des lieux, je m’avance dans un paysage désertique. Autour de moi, les sommets : le Mont Séti, l’Albaron, l’Ouille du Midi… Au fond, le glacier des Évettes. 

Panoramique du cirque des Évettes
Une autre planète…

J’avance comme je peux, perds souvent le chemin parmi les rochers, la pluie ne m’aidant guère, jusqu’à être quasi au centre du cirque. Je n’irai pas plus loin pour cette fois, mais je sais que je reviendrai pour découvrir à nouveau cet endroit.

Je redescends par le même chemin, les nuages me laissent un moment tranquille mais je n’évite pas quelques glissades. J’arrive enfin à la voiture et, après un petit passage dans le hameau de l’Écot, rare village protégé qui témoigne encore de la vie montagnarde d’autrefois, je reprends la route.

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